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29/12/2008

Catherine Pozzi (1882-1934)

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Née à Paris en 1882, fille du célèbre médecin, ami des arts, Samuel Pozzi et de Thérèse Loth-Cazalis, elle grandit dans le tout-paris aristocratique et bourgeois de la fin du 19°s.
Dès son plus jeune âge, elle rencontre des gens de lettres et des personnalités du monde artistique dans les salons de sa mère.

medium_Sans_titre_1.jpgA dix ans, elle commence à écrire un journal qu’elle tiendra jusqu’à ses vingt-trois ans : « je veux dire aux indifférents combien un enfant peut souffrir, combien une jeune fille peut être seule ».». En janvier 1909, elle se laisse épouser par Edouard Bourdet dont elle a un fils, Claude Bourdet, en octobre, mais le mariage tourne tout de suite à l’échec

En 1912, elle apprend qu’elle est atteinte de la tuberculose.

medium_Sans_titre_2.3.jpgEn 1913, elle débute son journal d’adulte qu’elle tiendra jusqu’à sa mort en 1934 dans lequel elle livre le plus profond d’elle-même. Elle y raconte la passion mouvementée qu’elle vécut avec Paul Valéry de 1920 à 1928, les terribles souffrances que la maladie lui infligea, ses rapports avec un certain nombre de personnalités, Julien Benda, Bernard Groethuysen, Rainer Maria Rilke, Marie de Régnier,Pierre Jean Jouve, Anna de Noailles...

« Je suis un des points singuliers par où la souffrance de la planète rayonne » (Catherine Pozzi)


medium_Sans_titre_3.3.jpgElle est l’auteur de quelques poèmes dont le magnifique « Ave » , d’un essai métaphysique « Peau d’âme », d’un petit récit autobiographique, « Agnès » que Jean Paulhan qualifia de « fraîche merveille », de quelques notes (NRF) et articles scientifiques (Le Figaro).


AVE

Très haut amour, s’il se peut que je meure
Sans avoir su d’où je vous possédais,
En quel soleil était votre demeure
En quel passé votre temps, en quelle heure
Je vous aimais,

Très haut amour qui passez la mémoire,
Feu sans foyer dont j’ai fait tout mon jour,
En quel destin vous traciez mon histoire,
En quel sommeil se voyait votre gloire,
Ô mon séjour..

Quand je serai pour moi-même perdue
Et divisée à l’abîme infini,
Infiniment, quand je serai rompue,
Quand le présent dont je suis revêtue
Aura trahi,

Par l’univers en mille corps brisée,
De mille instants non rassemblés encor,
De cendre aux cieux jusqu’au néant vannée,
Vous referez pour une étrange année
Un seul trésor

Vous referez mon nom et mon image
De mille corps emportés par le jour,
Vive unité sans nom et sans visage,
Coeur de l’esprit, ô centre du mirage
Très haut amour.


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NYX

Ô vous mes nuits, ô noires attendues
Ô pays fier, ô secrets obstinés
Ô longs regards, ô foudroyantes nues
Ô vol permis outre les cieux fermés.

Ô grand désir, ô surprise épandue
Ô beau parcours de l’esprit enchanté
Ô pire mal, ô grâce descendue
Ô porte ouverte où nul n’avait passé

Je ne sais pas pourquoi je meurs et noie
Avant d’entrer à l’éternel séjour.
Je ne sais pas de qui je suis la proie.
Je ne sais pas de qui je suis l’amour. »


Catherine Pozzi, Très haut amour,

Ce poème est le dernier texte qu’elle a composé (5 novembre 1934). Un mois avant sa mort (3 décembre 1934, à l’âge de cinquante-deux ans), six ans après sa rupture avec Paul Valéry

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« Ce qui ne peut devenir nuit ou flamme, il faut le taire »
« Il y a tant de raisons d’écrire, outre celle de publier. Par exemple exalter la conscience, l’attention ; tracer un chemin ; son chemin ; détruire ; croître…. »
« On n’arrive au plus haut de soi que contre soi »


Intransigeante, orgueilleuse, vivant à l’extrême de soi-même, Catherine Pozzi fut toute sa vie une assoiffée d’absolu.
Elle vécut « l’âme ouverte ».

26/12/2008

Joyeux Noël !!!

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24/12/2008

Joyeux Noël

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Bonnes fêtes

22/12/2008

Tableau de vie


podcast
Musique; Bach , concerto en D major "Pachelbel's"
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                                       Tableau de vie

Ce tableau coloré , barbouillé de gris

Patiné par le temps telle une effigie

Incrusté de nuages , de bateaux échoués

Clairsemé de mille fleurs d’automnes ou d’été

 

Aquarelle bariolée , que sans cesse tu picores

Touche de rose ici , une de bleu par là

Couche après couche , tu colores , tu restaures

Cette toile nuancée , c’est ta vie pas à pas .

 

Ne cherche pas à la peindre avec perfection

A vouloir en faire une reproduction

Chaque pièce est unique a un style différent

Laisse parler tes sens , ton cœur, au fil du temps .

 

Ce tableau coloré , barbouillé de gris

Enluminé par tous tes pinceaux aguerris

Atypique œuvre d’art aux mille couleurs

Gouache de ta vie , ses douleurs , ses douceurs.

 

  © Urga le 15/12/2008.

 
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